Lettre à mon corps

Cher corps (est-ce bien comme cela que je dois m’adresser à toi?!)

                                      Difficile de croire que c’est la première fois en 33 ans de cohabitation que je m’adresse directement à toi.  Je ne sais pas trop par où commencer. Il faut dire que je n’ai jamais été la meilleure en matière d’excuses, mais j’ai conscience que c’est ce que je te dois. Depuis un petit bout de temps, la communication entre nous n’a pas été bien bonne, voire nulle. Du moins, elle se faisait uniquement dans un sens. Je te rassure, tu n’y es pour rien, je suis la seule responsable. Combien de fois dans les derniers mois, est-ce que tu as tenté de m’avertir que j’avais atteint tes limites? Trop souvent, j’en ai malheureusement conscience. Et à chaque fois, je préférais faire la sourde oreille parce que c’était plus simple pour moi de t’ignorer plutôt que de t’écouter.

Je ne sais pas ce que j’avais exactement en tête en voulant pousser tes limites, mais en faisant cela j’ai complètement oublié que toi et moi, bien, on forme un. Et que si tu n’en pouvais plus et bien sans toi, je ne peux pas faire grand-chose. Te prendre pour acquis, oui, c’est ce que j’ai fait.

Des excuses, je dois t’en faire pour plus d’une raison. Je réalise que je n’ai pas été bien gentille avec toi surtout après tout ce que tu fais pour moi. Des reproches, dans les dernières années, oui, je t’en ai fait beaucoup. Surtout, parce que je ne te trouvais pas parfait, parce que tu n’étais pas à l’image de ce que j’avais en tête. Je trouvais que tu avais trop de ci, pas assez de ça. Il n’y a pas de doute j’ai été dure avec toi.

Pourquoi est-ce que j’ai passé autant de temps à maudire les petites marques présentes sur mon ventre quand je réalise maintenant qu’elles ne sont pas là sans raison. Elles sont là pour que je n’oublie jamais le privilège que j’ai eu de porter la vie. Privilège que tu m’as accordé 2 fois plutôt qu’une.

Pourquoi est-ce que je ne suis pas en mesure de te donner l’amour inconditionnel que tu mérites? Parce qu’après toutes ces années, je réalise que je n’ai jamais pris la peine de te dire, même une seule fois, je t’aime et à quel point je suis chanceuse de t’avoir.

Aujourd’hui, si je t’écris, c’est que j’avais le goût de te dire tout simplement merci. Merci de me permettre de voir, de sentir, de goûter et de toucher. Merci de me permettre de me lever chaque matin et ainsi vivre, chaque jour, plein de beaux moments. Merci de me laisser remplir ma tête de beaux souvenirs.  Sans toi, rien de tout cela ne serait possible et j’ai tendance à l’oublier souvent.

Je ne sais pas ce qui peut arriver demain, et probablement toi non plus. Et il est probable qu’avec le temps, toi et moi on se fasse défaut. C’est pour cette raison, que je ne veux plus perdre du temps à t’en vouloir. Tu n’es peut-être pas parfait, mais ça tombe bien, moi non plus. Pis je réalise que c’est ben parfait comme ça!

 

Ta coloc (parfois ingrate) qui t’aime

 

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